Les bibliothécaires le savent depuis toujours : une médiathèque est une machine à faire oublier les objets.
On y vient pour se plonger dans autre chose, un roman, un film, une revue, un devoir à finir, et l’immersion a un prix.
Les lunettes restent sur la table de lecture, le parapluie contre le rayonnage des polars, la clé USB dans l’ordinateur en libre accès, le doudou sur le tapis de l’heure du conte.
À Thouars comme dans toutes les villes qui ont la chance d’avoir un bel équipement de lecture publique, le bureau d’accueil abrite en permanence une petite collection d’objets qui attendent leur propriétaire. Cet article fait le tour de la question, dans la médiathèque et au-delà, dans la ville.

Ce qu’on oublie dans une médiathèque, et pourquoi
Le palmarès est étonnamment stable d’un établissement à l’autre. Les lunettes d’abord, de lecture surtout : on les pose pour regarder au loin ou consulter son téléphone, et on repart sans elles.
Les clés USB ensuite, oubliées dans les postes informatiques, avec parfois des mois de travail dedans. Puis les parapluies, les gourdes, les trousses, les chargeurs, les cahiers, et cette catégorie déchirante : les doudous et petits jouets tombés pendant les animations jeunesse.
S’y ajoutent des objets glissés dans les documents rendus, marque-pages improvisés qui vont de la carte postale au billet de train, découverts par les équipes au moment du rangement.
Perdu quelque chose à la médiathèque ? La démarche simple
Bonne nouvelle : une médiathèque est l’un des endroits les plus favorables qui soient pour retrouver un objet.
Le lieu est clos, fréquenté par des habitués, tenu par une équipe qui range et vérifie chaque jour.
Passez ou appelez à l’accueil en décrivant l’objet et le moment de votre visite, l’espace où vous étiez installé, adultes, jeunesse, postes informatiques, salle de travail.
Les objets trouvés y sont conservés un certain temps ; ceux qui ne sont pas réclamés peuvent ensuite être déposés aux objets trouvés de la mairie, le circuit prévu pour toute trouvaille sur le territoire communal.
Si votre premier passage ne donne rien, ne renoncez pas : les objets glissés dans les retours de documents ne réapparaissent qu’au fil du rangement, parfois plusieurs jours après.
Trouvé un objet entre deux rayonnages ?
Ici, aucune hésitation à avoir : remettez l’objet à l’accueil.
C’est logique, c’est plein de sens, et c’est exactement là que le propriétaire viendra le chercher, une paire de lunettes oubliée en salle de lecture se réclame au bureau des bibliothécaires, pas ailleurs.
Le personnel enregistre la trouvaille et la garde à disposition.
Si l’objet a été trouvé dans la rue, sur le parking ou dans un autre lieu, la règle française s’applique : dépôt en mairie ou auprès de la police municipale, qui tient le registre des objets trouvés de la commune et organise les restitutions sur justificatif d’identité.
Bonus : le partage sur Internet
Remettre l’objet au bon guichet le met à l’abri ; encore faut-il que celui qui l’a perdu sache qu’il a été trouvé, et où.
C’est le maillon que comble l’ajout d’une petite annonce comme par exemple sur le site Objets-trouves.fr, qui est l’une des principales plateformes d’objets trouvés en France.
Le principe est simple : celui qui a trouvé publie une annonce d’objet trouvé, la nature de l’objet, la date, le lieu, et l’endroit où il a été déposé, l’accueil de la médiathèque ou la mairie ; celui qui a perdu publie une annonce de perte avec sa description et son parcours.
Le rapprochement se fait sur ces éléments via une recherche sur un moteur de recherches.
Un conseil qui vaut pour tous : décrivez précisément mais gardez pour vous un détail distinctif, la gravure sur les lunettes, le contenu de la clé USB, le nom brodé sur le doudou, afin de pouvoir vérifier la bonne foi de la personne qui se manifeste.
Ce réflexe de l’annonce est particulièrement précieux dans une ville comme Thouars, où l’on circule beaucoup entre les communes voisines : l’objet perdu « quelque part » entre le marché, la médiathèque et le parking peut avoir été déposé à trois endroits différents.
Une annonce de perte unique, décrivant l’objet et le secteur, couvre toutes les hypothèses à la fois, et reste consultable par le promeneur qui trouvera votre bien la semaine suivante.
Un mot sur les objets qui racontent des histoires
Les équipes des médiathèques pourraient écrire un livre avec ce qu’elles trouvent dans les livres : photos de famille, lettres, tickets de spectacle vieux de vingt ans, fleurs séchées.
La plupart de ces trésors involontaires n’ont de valeur que pour une seule personne au monde, et c’est bien ce qui rend leur restitution si satisfaisante.
Le circuit est le même que pour tout le reste : l’accueil d’abord, l’annonce en ligne ensuite. Il arrive régulièrement qu’une photo retrouvée dans un roman rendu retrouve sa famille grâce à quelques lignes publiées au bon endroit. Les objets, comme les livres, préfèrent rentrer chez eux.
Rappel : le site mediatheque-thouars.fr est un site éditorial indépendant non lié et non associé à la médiathèque de la ville de Thouars ni à la mairie de Thouars et à ses services municipaux, ce site est 100% indépendant.